Un locataire peut améliorer la performance énergétique de son logement de trois manières complémentaires. En premier lieu, il est libre de réaliser de petits aménagements sans aucune autorisation préalable, tels que le réglage du chauffage, la pose de joints d'étanchéité, l'installation de rideaux thermiques ou la mise en place de robinets thermostatiques. En second lieu, il a la possibilité d'entreprendre à ses frais des travaux de rénovation énergétique plus importants comme l'isolation, le remplacement des fenêtres ou le changement du système de chauffage, grâce au mécanisme d'accord tacite du bailleur après deux mois de silence. Enfin, le locataire peut exiger du propriétaire la réalisation de travaux de rénovation si le logement est considéré comme non décent en raison d'une classification G au DPE.
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Ce que le locataire peut faire sans demander l'accord du propriétaire
L’ASTUCE HELLIO
Conserver les éléments d'origine et noter les changements à l'état des lieux. Au départ, le logement doit pouvoir être rendu tel qu'il a été loué.
La loi distingue les aménagements, libres, des transformations, soumises à accord. Un aménagement est une modification légère, réversible, qui ne touche ni la structure ni les équipements fixes. Le bailleur ne peut pas s'y opposer (art. 7 de la loi du 6 juillet 1989).
Gestes et petits équipements possibles sans autorisation :
- Poser des joints d'étanchéité adhésifs sur les fenêtres et portes, et un boudin de bas de porte.
- Installer des rideaux thermiques, stores occultants ou films isolants amovibles sur les vitres.
- Ajouter des réflecteurs de chaleur derrière les radiateurs placés contre un mur extérieur.
- Remplacer un thermostat par un thermostat programmable ou connecté, en gardant l'ancien pour le remettre au départ.
- Poser des têtes thermostatiques sur des radiateurs à eau, sans modifier le réseau.
- Installer des mousseurs et une douchette économe pour réduire l'eau chaude consommée.
- Passer tout l'éclairage en LED et utiliser des multiprises à interrupteur contre les veilles.
- Poser des tapis épais ou un revêtement de sol flottant sur un sol froid.
Les travaux de rénovation énergétique possibles avec l'accord tacite du bailleur
Depuis le 22 juillet 2022, un locataire peut réaliser à ses frais certains gros travaux de rénovation énergétique. Le silence du bailleur pendant 2 mois vaut accord. Ce régime vient de la loi Climat et résilience (art. 163) et du décret n° 2022-1026 du 20 juillet 2022. Il vaut pour les locations vides et meublées, quelle que soit la date du bail.
La liste est limitative :
- isolation des planchers bas ;
- isolation des combles et des plafonds de combles ;
- remplacement des menuiseries extérieures (fenêtres, portes) ;
- protection solaire des parois vitrées ou opaques ;
- installation ou remplacement d'un système de ventilation ;
- installation ou remplacement d'un système de chauffage et d'eau chaude sanitaire.
Les travaux doivent respecter la réglementation thermique élément par élément. Au départ du locataire, le bailleur ne peut pas exiger la remise en état.
La procédure en 4 étapes
- Faire établir un devis, idéalement par une entreprise RGE (condition pour obtenir les primes CEE).
- Envoyer au bailleur une lettre recommandée avec accusé de réception. Elle décrit précisément les travaux, leurs conditions de réalisation et l'entreprise choisie.
- Mentionner expressément qu'à défaut de réponse sous 2 mois, le bailleur est réputé accepter, et reproduire l'article 7 f de la loi du 6 juillet 1989. Sans cette mention, l'accord tacite ne joue pas.
- Dans les 2 mois suivant la fin des travaux, attester auprès du bailleur qu'ils ont été faits par l'entreprise annoncée et conformément à la demande.
L'ANIL détaille la procédure et le texte à reproduire dans son analyse juridique n° 2022-08. Les ADIL proposent aussi des modèles de lettre gratuits.
Les limites : ce qui reste soumis à l'accord écrit du propriétaire
L’INFO HELLIO
Ces travaux sont aux frais du locataire, qui ne récupère rien en partant. Ils sont rentables surtout pour un bail long ou si le propriétaire accepte de participer.
Tout travail qui transforme le logement hors de la liste du décret exige un accord écrit. Sans lui, le bailleur peut exiger la remise en état au départ, ou garder les améliorations sans indemniser le locataire.
L'accord tacite ne s'applique jamais aux travaux qui :
- touchent les parties communes ou les équipements communs d'une copropriété (chaudière collective, façade, toiture commune) ;
- modifient la structure du bâtiment ou son aspect extérieur ;
- nécessitent une autorisation d'urbanisme (déclaration préalable, permis) ;
- changent la destination du logement.
Concrètement, l'isolation des murs par l'extérieur, des panneaux solaires en toiture ou des fenêtres d'un autre aspect en façade restent hors de portée sans accord exprès. Le bailleur peut par ailleurs refuser dans le délai de 2 mois : l'accord tacite n'est pas un droit aux travaux.
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Les gestes les plus efficaces, classés par rapport coût / impact
Le chauffage pèse le plus lourd dans la facture : c'est là que chaque geste rapporte le plus. Baisser la température de 1 °C réduit la consommation de chauffage d'environ 7 % (repère ADEME).
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Geste |
Accord du bailleur |
Coût indicatif |
Impact attendu |
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Chauffer à 19 °C le jour, 16-17 °C la nuit |
Aucun |
0 € |
Fort : environ 7 % de chauffage en moins par degré |
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Thermostat programmable ou têtes thermostatiques |
Aucun (si amovible) |
30 à 250 € |
Fort : chauffe seulement quand et où il faut |
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Joints de fenêtres et bas de porte |
Aucun |
10 à 50 € |
Moyen : supprime les courants d'air |
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Rideaux thermiques, volets fermés la nuit |
Aucun |
30 à 150 € |
Moyen : limite les pertes par les vitres |
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Mousseurs et douchette économe |
Aucun |
10 à 40 € |
Moyen : moins d'eau chaude à produire |
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Eau chaude réglée à 55-60 °C |
Aucun |
0 € |
Faible à moyen |
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Isolation des combles |
Accord tacite |
Variable selon surface |
Très fort : le toit est la première source de pertes en maison |
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Remplacement des fenêtres |
Accord tacite |
Plusieurs milliers d'euros |
Fort si simple vitrage d'origine |
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Remplacement du chauffage ou de la ventilation |
Accord tacite |
Plusieurs milliers d'euros |
Très fort si équipement ancien |
Les coûts sont des ordres de grandeur à confirmer par devis. En appartement, les gestes sans accord suffisent souvent ; en maison, l'isolation des combles est le levier n°1.
Quelles aides pour un locataire en 2026 ?
⚠️ Un locataire n'a pas accès à MaPrimeRénov' ni à l'éco-PTZ, réservés aux propriétaires. Il peut en revanche mobiliser trois dispositifs.
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Aide |
Ce qu'elle finance |
Conditions clés |
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Primes CEE (dont Coup de pouce) |
Isolation, chauffage, ventilation, eau chaude |
Demande avant signature du devis, artisan RGE. Enveloppe CEE renforcée en 2026 |
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TVA réduite à 5,5 % |
Travaux de rénovation énergétique facturés par un professionnel |
Logement achevé depuis plus de 2 ans, appliquée sur la facture |
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Chèque énergie |
Factures d'énergie ou certains travaux |
Sous conditions de revenus |
Des aides locales (région, département, commune) existent parfois : l'ANIL les recense. Pour tout projet, un conseiller France Rénov' ou l'ADIL oriente gratuitement.
Le levier le plus puissant reste souvent le propriétaire lui-même. Avec MaPrimeRénov' bailleur, les CEE et l'éco-PTZ, il peut financer une large part des travaux. Le guichet MaPrimeRénov' a rouvert le 23 février 2026 après une suspension ; certains projets de rénovation d'ampleur en sont exclus depuis le 1er septembre 2026 (Service Public).
Logement classé F ou G : ce que le locataire peut exiger
Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au DPE est juridiquement non décent en métropole. Le locataire peut alors exiger que le bailleur fasse les travaux, sans les payer lui-même.
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Classe DPE |
Situation en 2026 |
Recours du locataire |
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G |
Non décent depuis le 1er janvier 2025 |
Mise en demeure, commission de conciliation, puis juge : travaux, baisse de loyer, dommages et intérêts |
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F |
Loyer gelé, non décent au 1er janvier 2028 |
Refuser toute hausse de loyer, demander un calendrier de travaux |
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E |
Non décent au 1er janvier 2034 |
Négociation amiable |
En outre-mer, le calendrier est décalé (G en 2028, F en 2031). La réforme du DPE entrée en vigueur le 1er janvier 2026 a fait sortir de nombreux logements chauffés à l'électricité des classes F et G : vérifier la date et la version du DPE avant toute démarche.
Questions fréquentes
Un locataire peut-il isoler son logement sans l'accord du propriétaire ?
Oui pour les combles et les planchers bas, avec la procédure d'accord tacite : lettre recommandée, puis 2 mois sans réponse. Non pour l'isolation des murs par l'extérieur, qui touche l'aspect du bâtiment.
Un locataire peut-il changer ses fenêtres ?
Oui, le remplacement des menuiseries extérieures figure dans la liste du décret de 2022. En copropriété, l'aspect de la façade ne doit pas changer, sinon l'accord du syndicat est nécessaire.
Un locataire peut-il bénéficier de MaPrimeRénov' ?
Non. MaPrimeRénov' est réservée aux propriétaires occupants et bailleurs. Le locataire peut obtenir des primes CEE et la TVA à 5,5 %.
Le propriétaire peut-il demander la remise en état à la fin du bail ?
Pas pour des travaux acceptés, expressément ou tacitement, dans le cadre du décret. Oui pour une transformation faite sans accord.
Le locataire peut-il obliger le propriétaire à faire des travaux ?
Oui si le logement est classé G, donc non décent depuis 2025. Pour un logement F, l'obligation ne s'appliquera qu'au 1er janvier 2028.
Sources
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